Les Norvégiens viennent de partir. Nous avons regardé Sex And The City. Le film nous a euphorisés. Ils sont les premiers à quitter notre Maison du Bonheur. Les parfums « Dix Petits Nègres », et Sur la Plage Abandonnée se mêlent. Je n’ai plus envie de penser à mon retour. Les voir s’engouffrer dans le taxi avec leurs gros sacs plein de souvenirs des six mois passés ici, a été effroyable. Les walkyries aux silhouettes apothéotiques, N le Magnifique et ses grands yeux bleus s’en retournent au pays des fjords. Ils n’en mènent pas large.
Devant la voiture qui démarre, les idées se télescopent. Paris se rapproche. Et je reprendrais bien un peu de Palestine. Je ne peux pas arrêter de penser à cette femme. Au fait que j’y sois retournée. A son histoire, si tristement banale. Sur ce tableau, le bilan n’est pas terrible. Je n’ai pas sauvé les Palestiniens. En me repassant le film de mon morceau de vie aujourd’hui, ici, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce soir, quand je négociais comme un kilo de tomates mes heures de cours de français avec le mauvais plaisantin qui dirige une des plus grosses arnaques de Ramallah. Sur ce tableau non plus, ce n’est pas brillant. Mon sens de la vie adulte n’est pas encore au top. En écrivant ici, je me rend bien compte que j’écris toujours la même chose. Il y a encore tellement de choses à faire. // Fin de la méditation numéro dix-huit
En attendant, Portsmouth, Milka, et Feuille d’ Erable se sont jetés sur le tas de fringues et d’objets laissés par les blonds eugénistes. Ils se sont partagés ces carcasses, et s’en repaissent. C’est la jungle ?
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