Je n’aurais jamais cru que voir Portsmouth partir nous aurait autant assommés. Abu Mahdi et ses combines de gangster la feront voyager jusqu’à Allenby. Son prince charmant palestinien l’attrape dans la cage d’escalier pour lui rouler la pelle du condamné. Le clan de communistes locaux viennent lui faire des baise-mains. Je tente de l’acheter pour qu’elle reste, on ne m’a jamais aussi bien bercée qu’avec les envolées nationalistes de cette « seconde génération de réfugiés », ceux qui enragent. Elle quitte le pays secouée de sanglots. Je sais dans le fond qu’elle pleure plus parce qu’elle quitte sa terre, qu’à cause de l’excité du bocal et son look de mec du Bronx, lequel sanglote sur l’épaule de Feuille d’Erable -qui me regarde avec fureur. L’adieu est le plus émouvant que nous ayons vécu. Nous pensons tous à cette donzelle aux habitudes de cocaïnomane qui s’est trouvée ici.
Sa grand-mère a été expulsée de Jaffa, et après avoir construit le Koweit (-selon l’expression consacrée), elle s’est installée en Jordanie. Le père de Portsmouth a grandi dans le mythe palestinien. Toute la famille a déménagé en Angleterre au début des années quatre-vingts. Il a épousé une divorcée blonde aux yeux bleu. Portsmouth a donc bien été élevée dans le fantasme d’un pays abandonné à des barbares pervers et machiavéliques. Et venant ici pour trois mois, en rencontrant le reste de cousins et autres amis de familles autrement que lors de leurs visites chez elle, en priant avec eux, et en gigotant dans toute la Cisjordanie, elle a mieux compris « son » pays qu’à travers les récits type « Oranges de Jaffa ».
Quant aux raves de TA, à la connaissance biblique de l’excité du bocal, et les excès de Taybeh… elle a mérité de fêter ses dix-huit ans.
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